Manifeste du surréalisme non-verbal -TEXTE-
Le surréalisme non-verbal est un mouvement esthétique dont les œuvres essentielles sont des situations vécues par des personnes.
Ces situations ont pour but de déconcerter l’interlocuteur de l’auteur de l’œuvre via un ensemble de signaux physiques communément nommés : « communication non-verbale ».
Il est essentiel que la situation à l’origine de l’œuvre soit une situation vécue et non jouée, et pour cela nous décourageons les personnes sûres d’elles et maîtresses de leurs émotions de s’y essayer, elles ne parviendraient à aucun résultat valable.
En effet, afin de privilégier la communication non verbale, il sera aisé à l’artiste de comprendre que seules les émotions cachées, honteuses ou socialement incorrectes sont adaptées à l’œuvre de surréalisme non-verbal. L’on acceptera ainsi que l’attirance physique et le sentiment amoureux en sont des exemples particulièrement usités.
Dans la pratique, on constatera que les artistes suivent généralement un mode de conception assez classique :
Pendant la phase de prologue, l’auteur et son interlocuteur s’enverront, de manière plus ou moins consciente, des signaux non-verbaux se dirigeant ainsi vers une situation que l’on qualifiera « d’attirance physique réciproque ».
Á un moment précis que l’on nommera « première et unique avancée non-verbale », l’auteur devra être surpris par la tentative de rapprochement physique de son interlocuteur. Et c’est à la disproportion de sa réponse que l’on jugera de la qualité de l’œuvre : cela ira de la mine de dégoût à la gifle, en passant par toutes les stratégies de fuite imaginables.
Les épilogues sont bienvenus dans ce type d’œuvre. D’autant qu’un interlocuteur normalement constitué essaiera probablement de passer en mode verbal afin d’obtenir des explications.
C’est à ce moment-là que l’on appréciera la virtuosité de l’artiste qui, ayant anticipé ce désir de communication, aura méticuleusement préparé des excuses, et qui le moment venu, changera brutalement d’avis, évitant de manière aussi non-verbale qu’ostensible, la confrontation.
Afin de permettre à ces œuvres de perdurer dans le temps, nous encourageons leurs auteurs à les décrire à travers les arts plastiques, musicaux ou écrits.
La transcription de l’œuvre sera alors pour son auteur d’un réconfort certain, d’autant qu’à ce stade-là, il n’y aura probablement plus grand-chose à faire.
Florence, membre de l’atelier


